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Marabout by Swing

(Article aussi disponible sur Inter-Peura.com) 

Le rap francophone ne s’est jamais aussi bien porté qu’en ce moment. Et c’est surement la faute des Belges. Swing le prouve encore avec la sortie la semaine dernière de son EP Marabout. Certain le connaissent surement à travers le groupe l’Or du Commun, ou peut-être que vous l’avais vu sur scènes au côté de Roméo Elvis, en tant que backeur. Avec des prods signé Le Motel, Mataya, et bien d’autres, Marabout un EP vraiment complet qui mérite le détour. Retour sur le premier projet du « Negro Candide ».

Un style bien personnel.

Annoncé le 4 décembre sur les réseaux sociaux, Marabout est un EP de 10 morceaux, qui représente bien l’idée qu’on peut se faire du rappeur Swing, Très chill, très spirituel avec tout de même un positivisme contagieux. Car oui, malgré des sons un peu plus sombres comme Corbeaux, Swing développe une vibe détendu qui colle à son image. Écrits à travers des storytelling, les morceaux nous immergent bien dans son univers aux teintes nuancés.

Swing orange

 

Avec Richesse, le premier morceau de l’EP, on rentre direct dans le thème. Il y parle de ses amis, des rencontres et que sans tout ça, il ne serait rien. On revient ainsi aux fondamentaux du rap. Une solidarité de la street qui représente une richesse plus grande que n’importe quelle carte de crédit. Avec un flow technique, Swing arrive à être plus chantant sur certains morceaux. Une bonne dualité qui permet de ne pas s’ennuyer au fil des chansons.

 

Rien à foutre de la tendance, la vie que je mêne
Est tout autre, tête vide, et poche pleines, tout sauf ça

 

Parfois sombre.

Même sur le morceau Corbeaux, qui est le morceau le plus sombre de l’EP, le Bruxellois kick sur la prod du Motel avec un flow chantant, ce qui donne un bon contraste avec le thème abordé. Il y explique le côté obscur de l’homme : le meurtre. Ou comment en une seconde un humain peut avoir une facette très différente. Le clip vient aussi donner une belle dimension  cinématographique au morceau. Inspirée de Black Mirror, on y voit des gens omnibulés à prendre en vidéo la mort de l’un des leurs.  Une dénonciation de la société qui est classique certes, mais c’est un thème qui revient souvent dans ce projet. Un point important donc pour le rappeur, qui arrive tout de même à évoquer les travers de nos comportements sans tomber dans le discours trop conscient et moralisateur.

Le feat avec Blu Samu est particulièrement frappant aussi. La prod de ce morceau est très instrumentale, avec une belle inspiration de bossa-nova. Ce qui n’empêche pas Swing de kicker dessus et de bien combiner les changements de temps. Ce qui rend le son vraiment chill mais bien percutant. Plusieurs fois dans l’album on voit le rappeur passer de chanter à rapper dans le même morceau. Comme dans l’Interlude,  qui prouve que Swing a réussi à amener quelque chose d’original et bien maitriser.

Un projet complet.

Le morceau Cours de danse n’est par contre pas assez pousser selon moi. C’est de tradition d’ajouter un son banger histoire de faire bouger la foule pendant les concerts. L’idée est bien là pour ce son, mais je n’ai pas était totalement convaincu. Le drop du refrain n’est pas tant percutant, et cela aurait pu être beaucoup plus trap, énervé. Ainsi les morceaux que j’ai le plus appréciés son vraiment ceux beaucoup plus chill n’ rap. Planer par exemple est à fond dans le délire smooth jazz à l’image du beatmaker Smooth G auteur de la prod.

Un premier projet solo donc, qui représente souvent une nouvelle étape pour les rappeurs. Une pression en plus donc, mais Swing a su la dépasser pour nous offrir un EP vraiment personnel et qui nous donne envie d’en savoir plus sur son personnage. Il délivre une bonne dynamique, et on arrive facilement à se mettre dans le vibe pour bien apprécier les moreaux et les lyrcis du Bruxellois. On a  hâte de voir ce que cela peut donner en concert, mais on lui fait confiance pour nous démontrer des pas de danse dont lui seul à le secret. Ainsi, le possible futur ex-backeur de Roméo, marque peut-être avec Marabout le début d’une carrière florissante, à l’image de sa pochette.

Swing rose

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