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player 1. ep by Tshizimba

Aujourd’hui on se rend dans des ruelles semi-enneigées pour rencontrer un talent local qui tire ses inspirations de l’international. Chilling avec Tshizimba, qui nous parle de son parcours et de son dernier projet, player 1. ep.

 

 

 

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@Theo.Potié

 

Salut Tshizimba, tu peux te présenter en quelque mot? 

J’ai 22 ans, je viens du collectif NBS (NoBad Sound), qui est basé dans la maison des jeunes de Côte-des-Neiges. Il y a plein d’activités pour les gens dans le quartier, il y a un studio et tout. C’est des gens originaires de partout. De Haïti, de Guadeloupe, d’Amérique latine. Moi-même je suis originaire du Congo, mais je suis arrivé très tôt au Canada. Puis j’étudie en musique numérique à l’UDEM.

 

Quand t’es-tu lancé quotidiennement dans le producing? 

J’adorais la musique depuis un certain temps. Mais c’est en 2011, quand j’ai acheté un contrôleur, que là j’ai vraiment commencé à faire des beats. À être sérieux là-dedans. Puis ma rencontre avec NBS, et  Dr MAD en 2013 a vraiment été un déclenchement pour mon projet.

 

 C’est à ce moment-là que tu as senti une progression?

Avec les conseils de Dr MAD et du collectif, j’ai pu vraiment travailler l’aspect technique, sur FL Studio notamment, comme des affaires de pattern, de séquences. Ça m’a permis d’économiser du temps, et au final de mieux  travailler sur les sons. Aussi le coté MC, gérer l’énergie sur scène, comment bouger, gérer son souffle. Ça organiser des showscase au HipHop Café, qui à l’époque était sur Du Parc avant que cela ferme, et grâce à ça j’ai vraiment pu travailler là-dessus.

 

Tu aimerais continuer à travailler sur des projets live en 2017?

Je continue toujours, j’aime vraiment ça. Mais pour 2017, ça continue de travailler avec mon ami sur l’album ZERO. Tout ça se fait naturellement en fait. On est là, on chill puis on s’y met. On s’essaye et on teste les voix, les arrangements. C’est une vraie collaboration et on y prend du fun. On cherche aussi à se développer un peu plus gros. Faire des tournés en Ontario ou au-delà de la frontière. Et je travaille sur des clips aussi, pour l’album notamment, ce qui devrait me prendre pas mal de temps pour cette année.

 Du coup tu touches un peu au montage aussi ?

Ouais depuis un certain temps, mais je travaille plus avec des gens spécialisés. J’essaye aussi de m’intéresser à des projets underground, un peu plus conceptuels.

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@Theo.Potié

Ton dernier projet player 1. ep est très influencé par une vibe vaporwave/ lo-fi. C’était quoi l’ambiance au moment de la création? 

Ouais je pense que le lo fi et le vaporwave ont beaucoup influencés toute cette génération de « bedproducers ». Des beatmakers qui ont commencé comme moi en regardant des animés à la TV ou des mangas et en téléchargeant illégalement, à l’époque sur LimeWire. Je pense que ça nous a vraiment inspiré sur cette vibe. Mais beaucoup de gens et de collectif  sont vraiment influents sur soundclound notamment, et commence à mettre un réel nom là-dessus.

Ça te donne envie de faire un player 2. ep?

Définitivement. Ce n’est pas très officiel pour l’instant. Mais j’aimerai faire jusqu’au player 4. ep  puis éventuellement faire un multi-player avec d’autre producers.

Est-ce que tu es satisfait du rendu ou il y a toujours un peu de doute au moment de rendre le produit fini ?

Je suis toujours dans le doute. À chaque fois que je sors quelque chose, j’ai toujours un peu de mal à me dire qu’il est fini. Mais c’est ça qui est bon, ça te motive. C’est justement MAD qui m’avait dit un jour, que pour t’améliorer, il faut se demander qu’est-ce qu’on peut rajouter sur tout ce qu’on crée. Mais ce que j’aime bien avec ce vibe lo-fi, c’est la volonté de mettre le feeling du son en avant. Dans quelle mood ça te met quand tu l’écoutes. Avec le lo-fi tu peux te permettre d’avoir juste un simple qui a un beatcrusher dessus, et faut pas viser le truc complexe à tout prix. Tu peux y aller avec des long loops et des trucs du genre pour qu’au fond tu t’imagines surtout l’aventure qu’il y a autour de la création du son.

Qu’est-ce que tu penses de Montréal et de sa scène locale alors?  Il y a de l’inspiration dans cette ville?

Il y a de l’inspiration, mais c’est difficile. Il y a plein d’artistes, mais il n’y a pas vraiment d’industrie qui nous aide. C’est difficile de réussir, dans le sens où ça va de tous les côtés, il y a beaucoup de choses underground qui se font. Mais j’aimerai vraiment bouger, voyager. Aller aux États-Unis si ça n’empire pas, à Brooklyn surtout. Et retourner en Afrique, comme au Kenya ou au Congo si la situation se passe mieux. Sky’s the limite.

 

J’imagine que t’es un bon Fan de Hip-Hop. C’est quoi ta révélation de l’année dernière?

Il y en a plein man, mais  Anderson .Paak en premier. Ce gars-là a tout fait. Un de mes amis en parle tout le temps. Il me faisait écouter ça en voiture. Puis j’ai commencé à écouter sa musique avec l’album Malibu et ça m’a complètement saisi.  Le projet Venice aussi est vraiment cool. Il y a des beats accrocheurs, mais aussi un côté ignorant pour avoir du fun. Une bonne vibe West Coast, qui parle de chose simple comme le weed ou sa vie, mais ça a du sens dans son contexte.  Il rap, il chante, il fait du drum. Etc. C’est ça qui est cool. Je l’ai vu au Manifesto Festival à Toronto, l’été dernier. Il était venu avec Kaytranada, mais j’étais vraiment là pour Anderson. C’était vraiment un gros show, avec des rappels, il s’arrêtait pas c’était vraiment cool.

 

C’est un peu ce côté multitâche que tu valorises chez des artistes? 

Ouais exact, comme une vraie rockstar, qui n’a pas peur de s’essayer. Et qui touche à tout. Chant, producing, drums etc.  Pas juste se limiter aux mêmes choses, il faut être capable d’innover. Un peu comme ce qu’ils essayent de faire dans le label TapDawg Entertainment, où chaque artiste a un son qui leur est propre. Comme le côté un peu prophétique de Kendrick Lamar par exemple ou même avec Isaiah Rashad et sa vie de tous les jours. Il était addicted à l’alcool, et plein d’autres conneries, mais j’aime bien chez lui le fait qu’il parle de choses du monde. Mais il reconnaît que lui aussi a ses problèmes, qu’il est un peu représentatif de ce monde. C’est des gens complets et complexes en fait. Frank Ocean aussi, il n’a pas peur de sortir des choses hors du commun. Il a beaucoup d’influence tirée des films, des jeux vidéo, des mangas aussi. Et ça me plaît, surtout dans ce que je fais en ce moment.

L’EP au complet ainsi que les autres projets sur son soundclound:

https://soundcloud.com/tshizimba/sets/player-1-ep

Réponses à « player 1. ep by Tshizimba »

  1. Sowl

    sisi

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  2. Koko

    Du bon son pour une belle journée ensoleillée

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  3. Goatman

    Un bon article pour un bon artiste.

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